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Permaculture : droit aux « buttes » !

La terre est basse. La terre est parfois lasse. Comment enrichir sa terre tout en augmentant le rendement des cultures ? Le système de la « butte » est peut-être une solution. A tester…

La butte est pas mal répandue dans les jardins adeptes de permaculture, elle n’est néanmoins pas indispensable. Ses atouts ?

Avec la butte, on travaille plus en hauteur. Disons que l’on se penchera moins ! Elle permet de ne plus bêcher le sol donc de ne plus se fatiguer. Comme elle est une accumulation de couches (branchages, fumier, terre, compost, feuilles, paillage), elle permet un bon drainage du sol, elle l’enrichit au fil du temps car elle engendre de l’humus et elle évite le désherbage. De plus, elle augmente la surface cultivée : on plantera au sommet et sur les côtés. Un inconvénient tout de même dans tout ça, deux même : elle ne retient pas l’eau surtout si elle est mal paillée et elle demande à sa création beaucoup de travail !

Du coup, j’ai décidé d’expérimenter sur une petite partie du potager, celui délimité par des planches en coffrage qui forme un carré et qui retient fortement l’eau. Il y a plusieurs méthodes pour fabriquer ses buttes (voir plus bas), mais il n’y a pas de véritables règles. Chacun est libre d’expérimenter, seules règles : un sol jamais travaillé et jamais nu. En ce qui me concerne, j’ai d’abord creusé un fossé central pour y mettre des branchages, du sable et du compost puis je l’ai refermé en remettant la terre, enfin j’ai remonté la terre des deux côtés et ainsi en enlevant un fer de bêche j’ai créé deux allées (ou deux sillons) de chaque côté de ma butte. Mes deux buttes font à peu près 40-50 cm de hauteur au sommet avec environ un mètre de large. Pour le moment, le résultat est peu concluant puisque ma terre demeure en grosse mottes imbibées d’eau et je n’ai pas de quoi les pailler ! Je ne désespère pourtant pas de mon expérience : la terre devrait se réchauffer plus vite et sécher plus vite également pour être plus friable. En plus, lorsque je lancerai ma prairie fleurie sur le massif « dernier quartier », je pourrais récupérer la couche de feuilles déposée sur des cartons qui recouvre le massif depuis l’automne dernier.

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Ces buttes accueilleront des plantes potagères comme des légumes racines, choux, salades… Buttes qui modifient quelque peu les Jardins de Calipso, jardins qui ont pour but de nourrir notre imagination mais aussi, et cette année plus encore, nourrir notre ventre !

Avant-gardistes « butteurs » : Emilia Hazelip est une pionnière de la permaculture. Elle a popularisé les fameuses buttes en s’inspirant notamment du livre du japonais Masanobu Fukuoka La Révolution d’un seul brin de paille. Elle a imité le cycle naturel d’un sous-bois en enrichissant en permanence ses planches surélevées par la décomposition de la paille et les résidus des plantes cultivés (feuillage, parties non consommables des plants potagers).

La méthode de l’Américain John Jeavons est plus contraignante au départ car pour former ses buttes il utilise le double-bêchage : « on forme le monticule avec de la terre creusée sur une hauteur de deux fers de bêche, soit 60 centimètres, mélangée à du compost » (Chapitre « Réaliser des buttes » dans le Guide de la permaculture au jardin).

Enfin, Sepp Holzer en Autriche a mis au point une technique culottée : il intègre au centre des buttes des branchages, « voire des troncs » ! Le bois est un excellent rétenteur d’eau, et sa lente décomposition permet de favoriser « l’activité de la micro-faune et des champignons ».

Pour cet article, je me suis largement inspiré de l’excellent ouvrage Le Guide de la Permaculture au jardin -pour une abondance naturelle- de Carine Mayo aux éditions Terre Vivante.

 

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Un gros tas, quatre palettes et une certaine idée de la richesse…

Le ballet des remorques chargées de « déchets verts » le samedi dans les déchetteries ne vous semble-t-il pas cocasse ? Pourtant, faire son compost est sans nul doute chose aisée.

Quatre palettes peuvent suffire à fabriquer un contenant pratique. Aux Jardins de Calipso, nous compostons de gros volumes puisque mauvaises herbes, tailles d’arbustes ou de vivaces et graminées rejoignent la grande compostière construite il y a un an avec des pieux de châtaigniers, de la volige et du grillage à poule ! Avant nous y mettions la tonte et les feuilles, maintenant nous les utilisons directement en couches de paillage dans les massifs. Dans le potager, nous essayons d’épandre feuilles et fumier directement sur la terre afin de ne plus bêcher du tout au printemps prochain. Le souci est que la matière première vient à nous manquer : il va falloir planter des feuillus et récupérer la tonte du voisin !

Acheter un broyeur peut devenir un bon investissement pour faire du broyat avec des branches élaguées. Et se mettre alors au BRF (Bois raméal fragmenté). Mais ceci est une autre histoire.

Pour éviter de composter, nous mettons également directement les tailles des fleurs vivaces comme paillage de massifs.

Pourtant, il y a quelques semaines encore notre compostière (3m de long sur un mètre de large) débordait ! Le tas ne se décomposait pas assez vite. Il fallait agir : brasser ! Plutôt, il nous a fallu construire à côté un plus petit composteur avec nos quatre palettes pour accueillir le dessus de la compostière. Première étape après avoir assemblé les quatre palettes avec du fil de fer : mettre au fond du composteur sur la terre un tapis de branchages pour aérer le futur tas. Nous avons opté pour ce que nous avions sous la main, de la canne de provence (Arundo donax). L’intérêt étant de faire entrer l’air par le bas du tas. Deuxième étape : mauvaises herbes et taille de graminées ont été mélangées aux déchets issus de la cuisine (épluchures, coquilles d’œufs…). Dernière étape : nous avons recouvert le tas d’une planche et de cartons. Le nec plus ultra aurait été de tapissé l’intérieur des palettes avec du carton. J’ai découvert cette étape après coup en feuilletant des ouvrages sur le compostage !

En fait, ce que nous avons fait avec notre composteur « 4 palettes » est un compostage « à froid », c’est-à-dire que l’on ajoutera au fur et à mesure les déchets alors que dans le compostage « à chaud », l’opération se fait en une seule fois en déposant des couches successives d’environ 20cm : par exemple, déchets domestiques puis couche de fumier, déchets de jardin puis encore du fumier, des déchets puis de la chaux et ainsi de suite jusqu’à le remplir entièrement et le recouvrir.

L’important est d’équilibrer les types de déchets à composter. Il est conseillé d’avoir 1/3 de « déchets verts » : ce sont les déchets riches en azote comme les tontes et 2/3 de « déchets bruns » riches en carbone tels les feuilles mortes, les branchages coupés en petits morceaux et le carton. En ce qui concerne le carton, ajoutez-en modérément en évitant les encres polluantes et le scotch. Il faut aussi qu’il soit en petits morceaux. Pour en avoir mis en entier dans la compostière, il avait nettement asséché le tas et donc freiner sa décomposition.

Ensuite, il ne faut pas oublier de brasser votre tas. Notre compostière se révèle trop grande et le brassage par conséquent peu commode, très difficile ! Il vaut mieux faire plusieurs petits composteurs avec des palettes pour pouvoir retourner le premier dans le second et le second dans le troisième ! Le brassage est essentiel. D’ailleurs, depuis l’opération –délicate- le tas a diminué de moitié.

Comme il était trop sec par manque de matières azotées, l’arrosage est devenu une nécessité pour retrouver le bon équilibre et réactiver le processus de décomposition.

Pour accélérer la décomposition –effectuée essentiellement par des vers pour vous la faire courte-, on peut  y incorporer du fumier comme nous l’avons fait à l’automne. Nous comptions y mettre de l’ortie (sans les racines svp) ou de notre fameux purin. La consoude est également un très bon activateur de compost.

Et puis dès que j’en ai l’occasion, je contribue directement au processus d’accélération en… urinant sur le tas ! A l’abri des regards indiscrets bien sûr. Quoique quelques bactéries doivent se rincer l’œil ! Je ne voudrais pas non plus effrayer la voisine…

Une bonne partie du compost (de plus de six mois) devrait être mûr au printemps. Je pourrais ainsi en épandre une couche de 5 à 10 cm sur le premier cercle de pelouse ou ce qu’il en reste ! Madame la taupe s’en donne à cœur joie en ce moment et le gazon est devenu inexistant envahi de mousse et d’adventices. A l’aide de ce terreautage, je compte ressemer un gazon plus accueillant. Parallèlement, cette richesse qu’est un compost bien mûr pourra profiter pleinement à nos plantations de vivaces, arbres et arbustes (avec modération pour ne pas les brûler) et au potager avec un épandage parcimonieux.

Matières à composter Matières à ne pas composter
Epluchures de fruits et légumes (y compris agrumes), Déjections d’animaux carnivores (chats et chiens),
Fruits et légumes gâtés, Adventices et espèces envahissantes : liseron, chiendent, lierre, renouée du Japon (Fallopia japonica)…,
Sachets de thé, marc de café avec les filtres, Végétaux malades (pieds de tomate contaminés),
Coquilles de noix et d’œufs, Papiers et cartons vivement colorés,
Serviettes et mouchoirs en papier, essuie-tout, Pommes de terre vivantes (elles repoussent),
Petits cartons bruns, boites à œufs, rouleaux papier toilette, journaux déchirés, Les plastiques,
Feuilles mortes, paille, Métaux et cailloux,
Petits branchages et tailles de haies broyées, Mauvaises herbes grainées,
Plantes et fleurs fanées, Cendres de charbon,
Déchets du potager, Matières synthétiques
Tontes de pelouse (de préférence sèches et en quantité modérée pour éviter les mauvaises odeurs),
Cheveux, litière des animaux herbivores, cendres de bois

Biblio : Guide pratique pour réussir son compost édité par la Ville de La Rochelle (www.pas-si-bête.fr) ; Mon premier jardin biologique facilement aux éditions Marabout par Fiona Hopes ; et Le Guide du jardin Bio (Terre vivante) par J-Paul Thorez et B. Lapouge-Déjean.

Couper or not couper ?

Tel fut mon dilemme il y a quelques temps au jardin. Un jardin de vivaces a quelque chose de contradictoire : l’éphémère. Certaines ont de longues floraisons, d’autres plus succinctes. Faut-il tailler les fleurs fanées pour forcer une remontée ou laisser le côté cramoisi de la fleur pour son esthétisme et son graphisme ?

Ne pas couper les fleurs fanées, c’est également s’assurer un semis spontané chez certaines espèces. Laisser les fleurs globuleuses des Alliums par exemple, c’est permettre au bulbe de ne pas s’épuiser et de rentrer en phase de réserve. Une fleur non coupée épuise la plante ? Pas si convaincu par cet argument puisque l’on force la plante à refleurir une fois ses inflorescences fanées retirées. Dans la nature, la plante fleurit pour polleniser. Elle a donc atteint son objectif et fait son cycle. On sait que voir les fruits décoratifs sur certains rosiers après floraison n’est pas si désagréable.

Néanmoins, une taille après floraison est conseillée sur certains sujets afin de nettoyer la plante et obtenir l’année suivante une plante vaillante qui refleurira à coup sûr. Tailler après la floraison, c’est éviter bien des désagréments !

Il y a donc deux écoles : ceux qui taillent les fleurs fanées pour faire refleurir et ne pas épuiser la plante, et ceux qui, comme Piet Oudolf et la Dutch Wave dans les jardins dits « Naturalistes », préfèrent voir en fin d’été et automne des inflorescences cramoisies de vivaces au milieu de graminées. L’intérêt étant pour ces seconds de garder un certain graphisme dans les massifs le plus tard possible. Ainsi éviter le vide laissé par certaines vivaces.

Nous ferons partis, par conséquent, de la troisième ! Nous laisserons certainement « cramoisir » des vivaces tels que Echinacea, Crambe, Verbana bonariensis, Helenium, Aster, Lupinus, Persicaria, Eupatorium, Angelica Gigas (si elle se décide de fleurir !), Echinops. Par contre, je vais tailler les fleurs de fenouil pour éviter trop de semis, les fleurs de rosiers remontants. Je vais tenter de faire refleurir la Salvia nemerosa ‘Caradonna’. J’ai déjà coupé les fleurs de l’Euphorbia characias, celles de la Digitale après qu’elle ait grainé. Heuchères, je coupe, Hémérocalles je coupe. Bref, je fais un mix des deux théories. Tout en espérant garder un jardin avec un intérêt visuel même en automne, rempli de vivaces… belles dans leur mortalité.

Juin, le mois de la lasagne ?

Comme d’habitude, il est dur pour le jardinier que je suis de ralentir le mouvement du jardin. Il est bon de se laisser envahir mais pas trop… Il y a tout à faire, et comme si ce n’était pas assez nous en avons rajouté une couche, puis deux puis trois ! Contempler le nôtre pas le temps mais celui des autres il faut le prendre… Le temps. Petit retour en arrière…

Direction le sud Sarthe avec le cœur léger et beaucoup d’espoir, près de La Flèche. Des promesses de fleurs, d’arbres remarquables… Sur le papier, un aller simple sans envie de retour ! Pourtant le portail franchi, la désillusion. Le voyage fut presque beau, le premier Rendez-vous aux Jardins raté ! Le meilleur est parfois dans l’attente et le désir. A part quelques beaux sujets, ce jardin n’avait pas de mise en scène, pas de composition. Au vue des kilomètres parcourus, un petit tour et puis s’en vont… Heureusement, sur le chemin j’avais prévu une issue de secours : en passant par Malicorne, le Jardin de Charme. Lui, on peut le citer ! Il y a deux ans, je l’avais découvert lors de ces mêmes journées. J’étais donc en terrain conquis en ce début de mois de juin. Je me rappelais des rosiers lianes et du grand potager à la méthode bio. C’est ici aussi que j’avais découvert de beaux sujets tels que le Quercus Phellos, qui depuis trône aussi dans les Jardins de Calipso. Ca avait beau être la seconde fois, le Jardin de Charme est toujours une découverte : nouvel espace avec plantes d’ombres, rencontre avec un superbe petit arbre mellifère le Pletea trifoliata ‘Aurea’. Et puis des retrouvailles : le semis spontané des digitales qui forme un lien dans la répétition, le majestueux Fagus marginé de rose ‘Purpurea Tricolor’ qui garde la porte du potager, l’élégance du Styrax japonica et le doux parfum des roses anciennes. La balade valait bien le retour ! Le potager enfin en met plein les mirettes aux petits vieux, fidèles des jardins. Ceux pour qui jardin signifie un potager bien en ligne sans aucune « mauvaise herbe » et des fruits à profusion, le pulvé toujours à portée de main. Pendant que le propriétaire des lieux en professeur patient expliquait à une dame qu’il fallait mieux moins manger de fruits et qu’ils soient sans traitement (celle-ci s’entêtant), j’observais les couloirs de phacélie en pensant aux miens (fièrement). Egalement, je m’arrêtais devant un mini potager surélevé, fabriqué en perches de châtaignier tressées, formant un U. Scène ubuesque, entre la petite vieille qui ne voulait pas démordre de ses fruits traités et l’apparition d’un rasta jardinier, Jean-Jacques le permacultivateur ! Il m’a alors tout expliqué, les couches successives de l’objet non identifié que je prenais pour de la culture en lasagnes ! En fait, une fois le coffrage effectué en branchages tressés, il a été mis au fond une première couche de branches mortes. Celles-ci auront pour rôle d’aérer et de faire travailler plus vite tous les travailleurs du sol, ceux qui décomposent la matière organique. Ensuite, des couches successives de gazon, de feuilles, de déchets verts ou de cartons (sans encres) ont été mises. Sans oublier des couches de compost bien mûr et le final avec de la terre végétale ou du terreau. Le creux du U forme une allée où de la consoude a été plantée. A chaque passage, le jardinier peut ainsi prélever quelques feuilles et les mettre au pied des plantes potagères en paillis afin de leur donner de la vigueur. Un paillis d’orties présente aussi bien des avantages : il protège des adventices et fait office d’engrais. Cette sorte de lasagne porte un nom, le jardinier rasta l’avait oublié… Si quelqu’un peut me le retrouver ?!

Je suis reparti comme la première fois, sous le charme (obligé !) avec en plus un intérêt nouveau : la permaculture. Visiter des jardins lors de ces rendez-vous, c’est aussi nous ouvrir un peu plus, nous élargir notre champ de vision, vision du monde. Repartir avec plusieurs couches successives dans la tête. Dans un formidable mélange. Un gros bordel ! Se dire qu’un Oxalis n’est pas seulement une plante invasive mais peut être une délicieuse patate (douce) du Pérou (Oca du Pérou) !

Ce n’était que le début de juin et ses couches successives de visites de jardins : deux allaient se superposer à notre regard, l’un d’ombre, l’autre de soleil. Sur la couche terrestre, nous allions remonter la Normandie. Dans l’ombre des jardins de Castillon-Plantbessin jusqu’aux lumières tapageuses et éclatantes du Jardin Plume. Des strates de terre pour lombrics assoiffés que nous étions…

Urtica, ça gratte, ça gagne à tous les coups !

 Aux Jardins de Calipso, c’est dès l’entrée qu’elles se dressent fièrement en touffe, les orties. Ça gratte un peu les mollets l’été si on les effleure ! Au moins les passants sont fixés : on cultive notre jardin au naturel.

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Cette année, j’ai décidé de faire à nouveau la tentative du purin d’orties. Mixture magique servant d’engrais, de prévention et protection contre les maladies et d’activateur de compost. Mais également de désherbant s’il est utilisé pur !

Il y a deux ans, j’avais coupé toutes mes orties et plongé dans une poubelle plastique sans me préoccuper  des quantités ni du temps de macération. Grave erreur ! Il faut suivre une recette à la lettre !

La poubelle plastique, c’est ok. Surtout pas de récipient en métal. Il faut de l’eau de pluie ou de puits ! Et il en faut neuf litres pour un kilo d’orties fraîches. Il faut cueillir la plante juste avant sa floraison. Le temps de macération est d’environ deux semaines en brassant de temps en temps voire chaque jour. La préparation doit être recouverte. L’odeur nauséabonde peut être neutralisée par l’ajout d’une plante aromatique telle que l’Angélique. Le purin est à point quand l’eau est brune et ne mousse plus. Pendant le processus, de gros asticots inoffensifs participent au travail de macération.

Après il faudra filtrer sur une étoffe (chose que je n’avais pas faite) et diluer à 10-20% dans de l’eau.

L’ortie peut aussi s’utiliser telle quelle hâchée, notamment comme coup de fouet au pied des plants de tomates sans contact direct bien entendu.

Pour son utilisation, je suis en train de lire « Soigner son jardin au naturel » de Rachel et Olivier de la Roque. Je vous en fais partager un extrait : « il est à utiliser (…) en pulvérisation sur feuillage comme préventif du mildiou, répulsif contre de nombreux parasites comme les araignées rouges, les altises, les pucerons, les courtilières, renforçateur de toutes les cultures potagères dans le cas de maladies dues aux champignons. Le purin d’ortie n’a aucun effet curatif vis-à-vis des pucerons et dans le cas des tomates, il est déconseillé de l’appliquer au niveau du feuillage ».

Il ne reste plus qu’à…

D’un côté ou de l’autre…

Travailler, c’est faire, refaire et défaire… Jardiner aussi ! Acheter des végétaux, c’est bien mais savoir créer un massif c’est mieux ! Pas toujours évident néanmoins d’associer et d’organiser les plantations.

Avec le livre « Plantations : Nouvelles perspectives » de Noël Kingsbury et Piet Oudolf sous le bras, nous voilà en pleine restructuration du jardin. Notamment, nous avons réfléchi sur un massif que jusqu’alors nous appelions « le massif des persicaires » pour en avoir acquis il y a peu.  Cet espace est à peu près au centre des Jardins de Calipso. Une clôture en piquets de châtaigniers sépare en deux parties l’espace. D’un côté étaient plantés Perovskia, lupins, Mulhenbergia et plantes annuelles du type Cléome ou Amaranthe. De l’autre côté, des plants potagers avaient trouvé place.

Désormais, la partie centrale de la clôture bois a été retirée. Le massif peut maintenant se « lire » des deux côtés. D’un côté ou de l’autre, si vous préférez !

Du coup nos persicaires vont devenir plantes de base (quatre persicaires : Persicaria amplexicaulis ‘Alba’, Persicaria amplexicaulis ‘Orange Field’, Persicaria a. ‘Fat Domino’ sans certitude sur la variété aisni que Persicaria ‘Wallichii’). En isolé, se retrouvent Eupatorium purpureum, Cornus alba ‘Elagantissima’ et Miscanthus ‘Zebrinus’ et Baptisia australis ‘Alba’. Des plantes répétées animeront le massif telles que Perovskia, Mulhenbergia capillaris et Sanguisorba officinalis ‘Tanna’ ainsi que Molinia ‘Les Ponts de Cé’. La plante disséminée sera Angelica gigas.

Enfin, en plantes matrices, nous retrouverons une annuelle Coréopsis tinctoria et la graminée Calamagrotis brachytricha.

Le plan

C’est une première pour nous d’avoir élaboré sur plan puis sur le terrain un massif à la manière de Piet Oudolf, espérons que le résultat sur un petit espace saura être à la hauteur du maître !

Engrais verts : la Phacélie aussi !

Je n’ai jamais été très bon en géométrie. Cependant je m’aperçois que mon jardin n’est fait que de formes géométriques qui s’imbriquent. Le potager rectangulaire bordé de buis est lui-même scindé en cinq petits rectangles de surfaces différentes.

Cette année, j’ai envie d’un potager à la Mondrian avec de la couleur dans chacune des cases. Comment lier l’esthétisme à l’utilitaire au potager ? Bien entendu, les engrais verts !

Mondrian

Mars est le bon mois pour semer ces fameux engrais verts qui vont me fournir la couleur et la fertilisation nécessaire aux légumes qui vont leur succéder. J’ai choisi la moutarde blanche (à floraison jaune) pour  une case et la phacélie pour une autre case. Il y a deux ans j’avais semé une jachère spéciale engrais verts où j’avais découvert l’intérêt esthétique de la phacélie. Je n’ai jamais encore tenté le trèfle blanc et la luzerne, deux autres engrais verts.

Normalement, il est préférable d’enfouir les engrais verts juste avant la floraison ou en tout cas juste avant la montée en graine de la fleur. En qui me concerne, je vais laisser fleurir et monter ma moutarde et ma phacélie aussi !

Les engrais verts enrichissent le sol en matière organique et en éléments minéraux. Ils ont pour sérieux argument de limiter le développement des « mauvaises » herbes. Tout ce qu’il nous faut dans le jardin ! Autre argument à leur actif, ils poussent rapidement.

Pour le semis, j’opère comme pour un gazon ou une jachère fleurie. Je bêche la parcelle et la désherbe manuellement. Un coup de griffe pour casser les mottes, affiner la terre, niveler. Le rateau pour un peaufinage et puis je sème à la volée. J’enfouis la graine avec mon croc, je roule, un arrosage et le tour est joué !

En mai je devrais avoir mes cases bien colorées. La moutarde de ses 1m rappellera les champs jaunes des alentours tandis que la phacélie à plus de 60 cm fera apparaitre une couleur bleutée. La moutarde blanche fera office de désinfectant en repoussant les nématodes (vers). La phacélie quant à elle évitera le lessivage des nitrates tout en favorisant le butinage des abeilles.

Alors quand Maya l’abeille rencontre Mondrian, c’est toute la nature (et surtout une partie de mon potager) qui sourit !