In terra ctiV : carton rouge ?

La solution est souvent dans le problème, prône la permaculture. Laisser faire la nature, l’imiter sont des idées séduisantes. Et j’y adhére. C’est d’ailleurs pourquoi en ce moment, je m’instruis sur les méthodes permaculturelles en lisant le Guide de la permaculture (pour une abondance naturelle) de Carine Mayo aux éditions Terre Vivante. Je m’aperçois en outre que nous faisons déjà de la permaculture sans le savoir : zéro phyto, tas de bois pour les insectes, compostage, paillage, apport de fumure, le non-bêchage, etc. Pour lutter contre les mauvaises herbes bien vivaces comme le chiendent ou l’achillée, nous avions déjà mis en place un procédé que la permaculture utilise : recouvrir le sol pendant environ six mois à l’aide de cartons. Cette méthode s’est en effet révélée efficace. L’herbe privée de luminosité pour faire sa photosynthèse finit par mourir. L’objectif désherbage est donc atteint. Néanmoins… je me demande sérieusement si les cartons en bons isolants ne sont pas devenus de formidables abris aux colonies de mulots qui ont envahi les Jardins de Calipso. Nous avons résolu un problème avec facilité mais en même temps j’ai bien l’impression en avoir créé un nouveau, et non des moindres : la pullulation des petits rongeurs.

permaculture

D’après vous, lecteurs jardiniers ou permaculteurs confirmés ou amateurs, dois-je continuer à utiliser le paillage par cartons ? Le paillage tout court ne favorise-t-il pas la prolifération de ce ravageur, le campagnol ?

A l’abri de pots de terre brisés, nous avons déjà apporté une petite réponse aux ravageurs en posant des pièges mécaniques : les fameuses tapettes à souris avec leurs morceaux de fromage ou de pomme ! Déjà trois meurtres à notre actif, cependant au vu du nombre de trous de galeries –sans doute une centaine – nous n’avons pas fini de faire bander nos tapettes… Carton rouge !

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Les brèves – le 11 février 2015 – Une petite haie bocagère… pour un au-delà.

Les frontières, les limites ce ne sont pas notre truc. Le repli, pas pour nous. Les clôtures et les barrières, une offense à nos libertés. Alors quand il faut refermer notre parcelle de terre (comme si la terre nous appartenait…), nous choisissons le moins pire, une ligne de haie libre.

En haut de talus, en bordure de chemin, j’avais au tout début du jardin éliminé la haie sauvage composée en grande partie de ronciers, d’aubépines et troènes. Sur ce côté, j’avais tout de même préservé une aubépine et un prunellier sauvage. Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte de l’erreur d’avoir fait ce « grand nettoyage » radical. Depuis plus d’un an, je me disais qu’il fallait replanter, sans le faire vraiment. Un physocarpus par là, un amélanchier d’un côté ou encore le Fothergilla major au milieu de rien… Des boutures qui ne prennent pas.

A la lecture du Traité Rustica des oiseaux du jardin, la haie bocagère devient une nécessité urgente. Toute une faune y trouvera le gîte et le couvert. Sous sa forme libre, elle offrira un bon écran contre le soleil brûlant d’été et contre les vents glacials d’hiver. Les plantes vivaces de prairies « hautes » type américaines en apprécieront certainement la protection. La haie bocagère ferme donc la parcelle des Jardins de Calipso non pour l’emprisonnement et l’isolement mais pour redonner de l’air, pour faire respirer la vie encore plus fort.

Aujourd’hui, sous l’influence d’un beau soleil d’hiver, climat faussement printanier, je me suis senti pousser des ailes pour habiller les Jardins ! Après avoir choisi dix plants pour haie bocagère chez Les Pépinières du Champ Fleuri – Daoust Horticulteur, je me suis donc mis à planter une haie mélangée de Hêtre commun (Fagus sylvatica > 3), Amélanchier lamarckii (2), Noisettier pourpre (Corylus maxima ‘Purpurea’>2) et Orme (Ulmus resista >3). Il me restera à ajouter un autre Physocarpus ‘Diable d’or’ et deux Acacias dorés (Robinia pseudoacacia ‘Frisia’). Des floraisons, des parfums, des fruits et des feuillages colorés, voici en définitive bien des atouts à notre future haie libre. Offrant enfin un abri aux regards ?

Plutôt, une invitation, comme l’oiseau sera suspendu au bout de la branche, une invitation à regarder au-delà…

Un gros tas, quatre palettes et une certaine idée de la richesse…

Le ballet des remorques chargées de « déchets verts » le samedi dans les déchetteries ne vous semble-t-il pas cocasse ? Pourtant, faire son compost est sans nul doute chose aisée.

Quatre palettes peuvent suffire à fabriquer un contenant pratique. Aux Jardins de Calipso, nous compostons de gros volumes puisque mauvaises herbes, tailles d’arbustes ou de vivaces et graminées rejoignent la grande compostière construite il y a un an avec des pieux de châtaigniers, de la volige et du grillage à poule ! Avant nous y mettions la tonte et les feuilles, maintenant nous les utilisons directement en couches de paillage dans les massifs. Dans le potager, nous essayons d’épandre feuilles et fumier directement sur la terre afin de ne plus bêcher du tout au printemps prochain. Le souci est que la matière première vient à nous manquer : il va falloir planter des feuillus et récupérer la tonte du voisin !

Acheter un broyeur peut devenir un bon investissement pour faire du broyat avec des branches élaguées. Et se mettre alors au BRF (Bois raméal fragmenté). Mais ceci est une autre histoire.

Pour éviter de composter, nous mettons également directement les tailles des fleurs vivaces comme paillage de massifs.

Pourtant, il y a quelques semaines encore notre compostière (3m de long sur un mètre de large) débordait ! Le tas ne se décomposait pas assez vite. Il fallait agir : brasser ! Plutôt, il nous a fallu construire à côté un plus petit composteur avec nos quatre palettes pour accueillir le dessus de la compostière. Première étape après avoir assemblé les quatre palettes avec du fil de fer : mettre au fond du composteur sur la terre un tapis de branchages pour aérer le futur tas. Nous avons opté pour ce que nous avions sous la main, de la canne de provence (Arundo donax). L’intérêt étant de faire entrer l’air par le bas du tas. Deuxième étape : mauvaises herbes et taille de graminées ont été mélangées aux déchets issus de la cuisine (épluchures, coquilles d’œufs…). Dernière étape : nous avons recouvert le tas d’une planche et de cartons. Le nec plus ultra aurait été de tapissé l’intérieur des palettes avec du carton. J’ai découvert cette étape après coup en feuilletant des ouvrages sur le compostage !

En fait, ce que nous avons fait avec notre composteur « 4 palettes » est un compostage « à froid », c’est-à-dire que l’on ajoutera au fur et à mesure les déchets alors que dans le compostage « à chaud », l’opération se fait en une seule fois en déposant des couches successives d’environ 20cm : par exemple, déchets domestiques puis couche de fumier, déchets de jardin puis encore du fumier, des déchets puis de la chaux et ainsi de suite jusqu’à le remplir entièrement et le recouvrir.

L’important est d’équilibrer les types de déchets à composter. Il est conseillé d’avoir 1/3 de « déchets verts » : ce sont les déchets riches en azote comme les tontes et 2/3 de « déchets bruns » riches en carbone tels les feuilles mortes, les branchages coupés en petits morceaux et le carton. En ce qui concerne le carton, ajoutez-en modérément en évitant les encres polluantes et le scotch. Il faut aussi qu’il soit en petits morceaux. Pour en avoir mis en entier dans la compostière, il avait nettement asséché le tas et donc freiner sa décomposition.

Ensuite, il ne faut pas oublier de brasser votre tas. Notre compostière se révèle trop grande et le brassage par conséquent peu commode, très difficile ! Il vaut mieux faire plusieurs petits composteurs avec des palettes pour pouvoir retourner le premier dans le second et le second dans le troisième ! Le brassage est essentiel. D’ailleurs, depuis l’opération –délicate- le tas a diminué de moitié.

Comme il était trop sec par manque de matières azotées, l’arrosage est devenu une nécessité pour retrouver le bon équilibre et réactiver le processus de décomposition.

Pour accélérer la décomposition –effectuée essentiellement par des vers pour vous la faire courte-, on peut  y incorporer du fumier comme nous l’avons fait à l’automne. Nous comptions y mettre de l’ortie (sans les racines svp) ou de notre fameux purin. La consoude est également un très bon activateur de compost.

Et puis dès que j’en ai l’occasion, je contribue directement au processus d’accélération en… urinant sur le tas ! A l’abri des regards indiscrets bien sûr. Quoique quelques bactéries doivent se rincer l’œil ! Je ne voudrais pas non plus effrayer la voisine…

Une bonne partie du compost (de plus de six mois) devrait être mûr au printemps. Je pourrais ainsi en épandre une couche de 5 à 10 cm sur le premier cercle de pelouse ou ce qu’il en reste ! Madame la taupe s’en donne à cœur joie en ce moment et le gazon est devenu inexistant envahi de mousse et d’adventices. A l’aide de ce terreautage, je compte ressemer un gazon plus accueillant. Parallèlement, cette richesse qu’est un compost bien mûr pourra profiter pleinement à nos plantations de vivaces, arbres et arbustes (avec modération pour ne pas les brûler) et au potager avec un épandage parcimonieux.

Matières à composter Matières à ne pas composter
Epluchures de fruits et légumes (y compris agrumes), Déjections d’animaux carnivores (chats et chiens),
Fruits et légumes gâtés, Adventices et espèces envahissantes : liseron, chiendent, lierre, renouée du Japon (Fallopia japonica)…,
Sachets de thé, marc de café avec les filtres, Végétaux malades (pieds de tomate contaminés),
Coquilles de noix et d’œufs, Papiers et cartons vivement colorés,
Serviettes et mouchoirs en papier, essuie-tout, Pommes de terre vivantes (elles repoussent),
Petits cartons bruns, boites à œufs, rouleaux papier toilette, journaux déchirés, Les plastiques,
Feuilles mortes, paille, Métaux et cailloux,
Petits branchages et tailles de haies broyées, Mauvaises herbes grainées,
Plantes et fleurs fanées, Cendres de charbon,
Déchets du potager, Matières synthétiques
Tontes de pelouse (de préférence sèches et en quantité modérée pour éviter les mauvaises odeurs),
Cheveux, litière des animaux herbivores, cendres de bois

Biblio : Guide pratique pour réussir son compost édité par la Ville de La Rochelle (www.pas-si-bête.fr) ; Mon premier jardin biologique facilement aux éditions Marabout par Fiona Hopes ; et Le Guide du jardin Bio (Terre vivante) par J-Paul Thorez et B. Lapouge-Déjean.