Cornus florida rubra

Qui n’a pas un Cornus dans son jardin ? Il y en a tellement de différents : Cornus sanguinea (celui qui se trouve dans notre cour et passe en ce moment du vert au jaune pour virer au rouge), Cornus sanguinea ‘Winter Flame’ (un cornouiller intéressant pour son bois orange en hiver que nous avons au jardin après bouturage), Cornus stolonifera Flaviramea (Bois jaune en hiver que nous avons eu à 2 euros dans un supermarché –on ne peut pas tout le temps être au top !-), Cornus alba Sibirica variegata (un cornouiller acheté en automne dernier à Courson, superbe avec son feuillage vert marginé de crème rosissant à l’automne) puis le fameux Cornus controversa ‘Variegata’ (encore bébé chez nous) et celui qui m’intéresse aujourd’hui le fragile mais magnifique (à condition de le bichonner) le Cornus florida ‘Rubra’.

Connu pour ses bractées roses qui entourent ses fleurs quasi insignifiantes au printemps, ce Cornus florida ‘Rubra’ se teinte progressivement en septembre-octobre d’une coloration rouge. Aux Jardins de Calipso, nous avons la chance d’en profiter en ce moment parmi la longue floraison des verveines de Buenos Aires. Malheureusement, chez nous, il reste capricieux puisque depuis deux ans nous n’avons pas encore eu la chance de voir ses fameuses bractées roses ! Il nous console un peu en ce début d’automne bien doux.

Bref quel que soit le cornouiller que vous choisissiez, du plus banal envahissant au plus cher et remarquable, il vous ravira par un de ses nombreux atouts !

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Les Brèves – le 19 octobre 2014 le jardin de la lune

Pas de quartiers pour les croissants ! Certains ont leur jardin du soleil, d’autres leur jardin de la lune. Nous, ce sera le jardin du « dernier quartier » ! Ces derniers temps, une idée me taraudait : créer un nouveau massif dans la veine naturaliste. Les Jardins de Calipso ont un dessin que nous souhaitons garder avec leurs trois cercles de pelouse entrelacés. Cependant, cet espace peu utilisé crée un vide, voire une disproportion avec le reste. Où est le lien ?

Cet été, déjà, on ne tondait plus une parcelle en forme de trois-quarts de lune en plein milieu du second cercle. Finalement, j’ai décidé d’en faire un grand massif.

Dimanche, la débroussailleuse était de sortie. Un peu de bruit pour les voisins et hop, la parcelle revêtait dans une atmosphère feutrée un patchwork de cartons. Comme des panneaux lunaires sans reflets. Le massif me parut alors démesuré. Il va devenir sans nul doute le plus grand du jardin. Pour le moment, il est à l’état végétatif puisque sa « robe » de cartons est recouverte d’un or précieux : du fumier de vache et des feuilles ! Après ajout de compost pendant l’hiver, et une lente décomposition de tout ce petit monde-là, la vieille pelouse hideuse devrait se transformer en massif au printemps prochain. La grelinette trépigne déjà d’impatience. Un coup de griffe et des semailles de prairie fleurie feront l’affaire dans un premier temps, avant d’accueillir par la suite graminées et vivaces. Bien entendu plantées à la Oudolfienne ! Le jardin doit gagner en mouvement et en épaisseur. C’est pourquoi, rien n’est jamais fini. Le cycle est infernal ! J’ai pensé également redonner du volume aux trois cercles entrelacés en délimitant certaines de leurs lignes par une haie de laurier à petites feuilles bien luisantes et surtout persistantes pour que les Jardins de Calipso, même l’hiver, avec un paysage lunaire déferlent leurs vagues dans une mer de silence.

Pour l’instant, en morne plaine, il me faut faire une centaine de boutures de laurier pour en espérer 34 jeunes plants…

Les rivières pourpres

La débâcle de boue lisse le champ de maïs où les voitures se mettent en travers. Mes bottes creusent leur empreinte. Les jardiniers bravent la pluie pour cette journée de Plantes en fête, près de Domfront (61), dans le parc du manoir de La Guyardière. La pluie fait des claquettes, les fleurs relèvent la tête. L’humidité d’octobre.

Sur la route, les sumac de Virginie annonçaient la couleur. Ça allait saigner !

Les roues des brouettes poussées par des damoiseaux-demoiselles faisaient des tranchées dans le chemin conduisant aux deux tours. Les gouttes tombaient comme des bombes dans l’enceinte mais le tumulte n’atteignait pas les marchands, imperturbables. On dirait même plus : imperméables aux caprices de Dame Nature.

Le grand étang dans l’alignement de la demeure gardait sa quiétude sous la multitude de ronds dans l’eau. Eclairé par des papillons de couleurs en suspension. Et les vaches de race hollandaise dans le pré d’à côté ne bronchaient pas sous l’averse. Le décor était une fête en soi, certains pépiniéristes un peu moins. Comme du déjà vu pour Benoît et moi, venus flâner avec l’espoir de trouver de nouveaux coups de cœur. Pour ça Courson, ça marchait pas mal jusqu’à maintenant. Serions-nous déjà blasés ?

Parfois une pointe d’amertume de ne plus être vraiment des bleus ! De là à nous extasier devant une Verbana ‘Lollipop’ à 9 euros, non merci ! Un alignement de bruyère…encore moins. Les Hydrangéas paniculata aussi éclatants soient-ils n’ont plus la même fraîcheur. Mais si le bonheur, c’était de voir le bouillonnement d’un dégradé de rouge en fusion, ce patchwork écarlate des feuillages : Cotinus, Liquidambar, Euonymus alatus, Cornus et Acer japonais. De quoi vous faire oublier la grisaille, cette rivière pourpre. Alors votre émoi de jardinier se retrouve réveillé. Vous retombez amoureux d’un Clerodendron bungei ‘Pink Diamond’, amour impossible ! Comme toujours, la pépinière Sous un Arbre Perché vous met à l’abri d’un dépit ! Sous cet « arbre », quelques palabres bien entendu avec Olivier le spécialiste de l’ombre, également de quoi illuminer jusqu’en novembre notre jardin avec quatre asters : ‘Pretty Wendy’ un double blanc ; agepatoïdes ‘Ashvi’ un autre à floraison blanche à l’extension rapide ; et deux autres ramenés du Japon, une exclusivité toute récente de la pépinière : ‘Obitoke’ et ageratoïdes ‘Murasaki no homare’. Ce dernier étant d’un mauve soutenu qui nous a fait craquer. Comme quoi, même sous la pluie de Normandie, il peut y avoir une prise de guerre venue du bout du monde, au pays du soleil levant.

Miscanthus sinensis ‘Purpurascens’ : l’effusion

Il fait le spectacle en ce moment aux Jardins de Calipso, le Miscanthus sinensis Purpurascens. Pourtant, ce n’était pas gagné ! Je l’avais acheté lors de ma première fois à Entre Cours et Jardins (3ème édition) chez un pépiniériste breton. Planté depuis quatre ans auprès du pommier, il végétait étouffé par des adventices et concurrencé par l’achillée millefolium. Tout ce petit monde a déménagé et miracle en ce début d’automne notre petit Miscanthus ‘Purpurascens’ fait exploser le massif « D’un côté ou de l’autre » de son feuillage écarlate. Il y a un an encore, je ne savais quoi en faire, désormais il est devenu en une saison une pièce maitresse parmi persicaires, sanguisorba et l’Eupatorium. De quoi nous donner l’envie de le diviser. Et d’avoir des graminées, encore et encore, à profusion ! Et des effusions incandescentes…

Asters, ces étoiles qui font briller l’automne

Les asters sont comme des étoiles qui transpercent la brume de l’automne. J’aime beaucoup cette saison, l’automne. La fraicheur des matins et des soirs laisse place parfois à de belles journées ensoleillées comme aujourd’hui. Avant de retourner dans les Jardins de Calipso avec la grelinette pour le potager et le sécateur pour « sauver » le Cotinus d’un dessèchement soudain (apparemment dû à un champignon ou excès d’eau), je veux vous parler de ces astéroïdes qui dopent en ce moment le jardin !

L’Aster n’est pas une plante difficile. Il pousse un peu près partout. Il colore vraiment l’automne. Nous en possédons un, à floraison bleu pâle, que j’apprécie énormément pour son côté naturel. Il nous vient du jardin de mes parents sans que je sache sa variété. A force de l’avoir déplacé dans le jardin, on le retrouve à plusieurs endroits. Il est très prolifique car drageonnant.

Un autre aster, plus arbustif, nous comble au fond du jardin. Il offre une multitude de petites fleurs blanches à cœur rosé. C’est l’Aster lateriflorus ‘Lady in Black’. J’ai longtemps eu peur qu’on nous ait refilé la variété ‘Horizontalis’ qui est très proche mais plus basse et rampante ! ‘Lady in Black’ atteint facilement un mètre. Il sait rester discret mais fleurit abondamment. Un défaut, ses tiges sont ultra cassantes au vent ou à notre contact !

Côté cour, l’Aster pringlei ‘Monte Cassino’ s’est installé difficilement ou plutôt avait subi à plusieurs reprises le déchaînement de la chienne au stade ado ! Pour le coup, celui-ci offre un vrai nuage de petites fleurs blanches au cœur jaune. Au jardin de Calipso, il n’est pas dans un milieu très favorable. Dans une terre bien fraîche, il se développe à merveille.

Tout en légèreté, j’ai fini par trouver un aster rose non soutenu à Courson l’an dernier (cependant j’ai perdu son nom – comme c’est malin ça !). J’ai hâte qu’il se développe. Il est non loin de l’Hydrangea ‘Annabelle’ toujours résistant dans sa floraison à cette époque et d’un Sedum au feuillage et floraison pourpres.

Enfin, un aster qui ne ressemble pas à un aster. Tellement qu’il ressemble à une « mauvaise herbe » selon ma mère qu’elle me l’a tout simplement arraché pendant nos vacances aux Pays-Bas ! Celui-ci nous avait été offert par la Pépinière Sous un Arbre Perché lors de leur départ pour la Bretagne. Avec ses feuilles « de patates » comme indiqué sur leur site, cet aster se démarque. Aster tataricus (c’est son nom) peut atteindre 1m80, c’est un géant qui aime une terre riche… Chez nous pas de chance il se fait scalper et doit se contenter d’une terre pauvrette ! Je ne sais encore si on fera sa connaissance un jour ! Il a beau fleurir tardivement, jusqu’en novembre, il repointe tout juste son nez Monsieur Patate entre les gravillons blancs de la cour. Sauvé in extremis aux côtés des myosotis du Caucase (Brunnera macrophylla ‘Jack Frost’) et de l’Eomecon…