Hollande, en hausse dans notre sondage !

En France, le jardin naturaliste tel qu’il est pensé par ce que l’on nomme en Hollande la Dutch Wave est encore méconnu. Petit à petit, on voit tout de même se distiller dans les ouvrages de jardinage des articles sur ces jardins-prairies. Dernier en date, dans le magazine Mon Jardin et ma Maison de juillet 2014, un reportage sur le jardin de Jaap de Vries, très inspiré du maître Piet Oudolf dans la répétition de grandes vivaces  avec un mélange de graminées. Cet article a surtout été pour nous l’occasion d’apprendre un terme la « dutch wave », un mouvement contemporain réunissant des paysagistes tels Ton Terlinden ou Henk Gerristen. De cet article sur ces jardiniers hollandais, Benoit et moi nous nous sommes pris à rêver d’un voyage en terre néerlandaise… On en parlait déjà mais la Hollande devient une terre promise, en hausse dans notre sondage « Destination vacances » ! Pour le moment je sonde le web sur la « dutch wave », Ton Terlinden et Henk Gerristen mais résultats zéro ! A moins de parler couramment néerlandais. La seule chose que je comprends sur les sites trouvés, ce sont le nom de plantes. Ah, qui l’eut cru que le latin resterait un chant universel ! Linné sans aucun doute ! Bon on est d’accord, avant 2017, nous on vote Hollande (le pays bas mais de plus en plus en hausse dans notre cœur) !

A noter également que ce numéro de Mon Jardin et ma Maison de juillet 2014 nous livre un excellent article sur les persicaires, décidément dans l’air du temps comme les Thalictrum sur lesquels nous consacrerons aussi un prochain post… (Ceci est un teasing !)

juillet 2014

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Juin, le mois de la lasagne ?

Comme d’habitude, il est dur pour le jardinier que je suis de ralentir le mouvement du jardin. Il est bon de se laisser envahir mais pas trop… Il y a tout à faire, et comme si ce n’était pas assez nous en avons rajouté une couche, puis deux puis trois ! Contempler le nôtre pas le temps mais celui des autres il faut le prendre… Le temps. Petit retour en arrière…

Direction le sud Sarthe avec le cœur léger et beaucoup d’espoir, près de La Flèche. Des promesses de fleurs, d’arbres remarquables… Sur le papier, un aller simple sans envie de retour ! Pourtant le portail franchi, la désillusion. Le voyage fut presque beau, le premier Rendez-vous aux Jardins raté ! Le meilleur est parfois dans l’attente et le désir. A part quelques beaux sujets, ce jardin n’avait pas de mise en scène, pas de composition. Au vue des kilomètres parcourus, un petit tour et puis s’en vont… Heureusement, sur le chemin j’avais prévu une issue de secours : en passant par Malicorne, le Jardin de Charme. Lui, on peut le citer ! Il y a deux ans, je l’avais découvert lors de ces mêmes journées. J’étais donc en terrain conquis en ce début de mois de juin. Je me rappelais des rosiers lianes et du grand potager à la méthode bio. C’est ici aussi que j’avais découvert de beaux sujets tels que le Quercus Phellos, qui depuis trône aussi dans les Jardins de Calipso. Ca avait beau être la seconde fois, le Jardin de Charme est toujours une découverte : nouvel espace avec plantes d’ombres, rencontre avec un superbe petit arbre mellifère le Pletea trifoliata ‘Aurea’. Et puis des retrouvailles : le semis spontané des digitales qui forme un lien dans la répétition, le majestueux Fagus marginé de rose ‘Purpurea Tricolor’ qui garde la porte du potager, l’élégance du Styrax japonica et le doux parfum des roses anciennes. La balade valait bien le retour ! Le potager enfin en met plein les mirettes aux petits vieux, fidèles des jardins. Ceux pour qui jardin signifie un potager bien en ligne sans aucune « mauvaise herbe » et des fruits à profusion, le pulvé toujours à portée de main. Pendant que le propriétaire des lieux en professeur patient expliquait à une dame qu’il fallait mieux moins manger de fruits et qu’ils soient sans traitement (celle-ci s’entêtant), j’observais les couloirs de phacélie en pensant aux miens (fièrement). Egalement, je m’arrêtais devant un mini potager surélevé, fabriqué en perches de châtaignier tressées, formant un U. Scène ubuesque, entre la petite vieille qui ne voulait pas démordre de ses fruits traités et l’apparition d’un rasta jardinier, Jean-Jacques le permacultivateur ! Il m’a alors tout expliqué, les couches successives de l’objet non identifié que je prenais pour de la culture en lasagnes ! En fait, une fois le coffrage effectué en branchages tressés, il a été mis au fond une première couche de branches mortes. Celles-ci auront pour rôle d’aérer et de faire travailler plus vite tous les travailleurs du sol, ceux qui décomposent la matière organique. Ensuite, des couches successives de gazon, de feuilles, de déchets verts ou de cartons (sans encres) ont été mises. Sans oublier des couches de compost bien mûr et le final avec de la terre végétale ou du terreau. Le creux du U forme une allée où de la consoude a été plantée. A chaque passage, le jardinier peut ainsi prélever quelques feuilles et les mettre au pied des plantes potagères en paillis afin de leur donner de la vigueur. Un paillis d’orties présente aussi bien des avantages : il protège des adventices et fait office d’engrais. Cette sorte de lasagne porte un nom, le jardinier rasta l’avait oublié… Si quelqu’un peut me le retrouver ?!

Je suis reparti comme la première fois, sous le charme (obligé !) avec en plus un intérêt nouveau : la permaculture. Visiter des jardins lors de ces rendez-vous, c’est aussi nous ouvrir un peu plus, nous élargir notre champ de vision, vision du monde. Repartir avec plusieurs couches successives dans la tête. Dans un formidable mélange. Un gros bordel ! Se dire qu’un Oxalis n’est pas seulement une plante invasive mais peut être une délicieuse patate (douce) du Pérou (Oca du Pérou) !

Ce n’était que le début de juin et ses couches successives de visites de jardins : deux allaient se superposer à notre regard, l’un d’ombre, l’autre de soleil. Sur la couche terrestre, nous allions remonter la Normandie. Dans l’ombre des jardins de Castillon-Plantbessin jusqu’aux lumières tapageuses et éclatantes du Jardin Plume. Des strates de terre pour lombrics assoiffés que nous étions…

Les jardins de calipso

 

Les Brèves – 12 juin

Comme tous les soirs, petit tour de jardin et arrosage du potager quand à ma surprise je découvre trois fleurs de Passiflore ouvertes. Je la regarde alors de plus près et je m’aperçois que cette Passiflora que l’on m’avait offerte est toute blanche ! Elle est en plus recouverte d’une multitude de boutons prêts à exploser. Il s’agirait de la Passiflore Caerulea Constance Elliott. En ce moment, les Kniphofia uvaria en début de floraison, avec leur rouge avant de virer à l’orange, attire le regard au-delà de la prairie devenue tristounette ! Le jaune des moutardes blanches tend à s’estomper au potager. La phacélie semble à son apogée de son bleu mauve. Une parcelle de moutarde a été enfouie et travaillée (la terre est souple, un délice) pour accueillir des poquets de haricots verts qui seront noirs ! Enfin dont les gousses à consommer seront noires ! Il devrait y avoir de la couleur avec ses floraisons qui s’échelonnent désormais. Pas de répit ! Et pendant ce temps-là la salade, une laitue verte à couper, monte monte monte … !

Les Brèves – 05 juin : de la résistance

Pas de débarquement en prévision ici. Les taupes occupent toujours le jardin. Mais la résistance s’organise. Tireur d’élite au-dessus des taupinières armé d’une pelle ou fourche.

Eh oui les taupes continuent de gagner du terrain, minant ce qui reste de la pelouse. Elles ont ri de nos pièges. Posés sans gants, est-ce là l’erreur de tactique ? Elles ont gagné des batailles mais pas encore la guerre…

Pour sauver le soldat « Pelouse », nous avions tenté en début de printemps de ne tondre que certaines parties laissant le reste en prairie. Le temps des renoncules passé, l’herbe haute étouffait bon nombre d’arbustes. Et les taupes de s’en donner à cœur joie dans ce camouflage. De plus, j’ai eu peur que les adventices autres que les graminées de l’ancien gazon ne se propagent ailleurs. J’ai donc décidé de faucher une grande partie de la prairie. Résultat peu convaincant. Une pelouse jaunie sans grands espoirs d’y voir se ressemer de la graminée.

Passons aux choses au goût de victoire : au potager, l’enfouissement d’une petite parcelle de phacélie est un véritable régal. La terre est assouplie et fine miraculeusement. Dans la foulée plantation des dernières tomates grappe bigarrées de Madagascar et Cornu des Andes. Le massif « D’un côté ou de l’autre » s’est vu compléter de sa plante matrice, l’annuelle Coréopsis tinctoria.

Et puis, je me suis décidé à filtrer mon élixir parfumé : le purin d’ortie, l’incontournable. Muni d’un petit entonnoir et d’un tissu, j’ai tenté de passer la potion magique dans un bidon de 20 litres. Pour filtrer, ça filtrait ! Trop même, je distillais je pense ! J’ai d’abord troqué le linge pour de l’essuie-tout sans grand résultat, puis pour un filtre à café qui a craqué… Finalement, une petite passoire s’est avéré un bon compromis. La potion dans le bidon, j’ai entrepris de monter un pulvérisateur de 5 litres tout neuf jamais servi. Cela m’a fait un choc de me resservir d’un pulvé ! Je me suis lancé dans le test d’une pulvérisation de purin d’ortie pur sur les adventices. La cour a embaumé ! Sans grande conviction sur un résultat probant… Repousser les invasions ennemies n’est pas toujours chose facile, peut-être qu’en plus d’un pulvé de purin un chapeau de la Reine me serait un artifice dissuasif