La Pellerine : là où s’arrête le pèlerin

Le bleu Klein est unique. Le bleu de ces iris sur la berge du petit canal l’est sans aucun doute également. L’eau semble s’étirer langoureusement en cette fin de parcours, au jardin de la Pellerine, dans cette grande retenue rectangulaire, dormante.

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A l’abri des regards, cette nouvelle chambre contemporaine invite le pèlerin à la méditation aux côtés d’un Gunnera manicata, installé telle une divinité hindoue au bord de la piscine naturelle. Un doux parfum d’une viorne blanc-rosé se dégage. L’écorce striée d’un joli bordeaux  appartenant à un cerisier fleur contraste avec la verdoyante végétation : iris d’eau, rodgersia, astrantia, hostas y participent.

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Les pièces d’eau ponctuent les jardins de la Pellerine comme autant d’étangs invitant au repos et la contemplation.

Dès l’entrée, un petit bassin en pierre en est la source ? Quatre buis boules et une charmille découpée en arcades rappellent la désuétude d’un cloitre tombé en ruine. Une euphorbe characias ayant reconquis les lieux dans les interstices du dallage. Serait-ce là de la santoline ou du thym ? Des effluves, oui mais celle qui transporte rapidement sous une tonnelle rouillée, qui transporte dans le vortex bleu lilas tricoté d’une glycine… Se succèdent alors autant de chambres de verdure comme autant de paliers avant le paradis. A chacune d’entre elles sa plante hôte : berbéris doré dans une, euphorbe de Griffith dans une autre. Les géraniums vivaces et les hostas remplissent l’espace. La perspective se dévoile à travers des portes de charmilles aux aspects gothiques. Les murs ont le vert des ifs. Les barrières et une gloriette le bleu lavande. L’eau contenue dans un disque solaire au sol…

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Avant la demeure, le sous-bois offre un cytise jaune lumineux en la saison. Les rhododendrons éclatent. Isolé, un Cornus controversa ‘Variegata’ joue avec la lumière de ses feuilles bicolores.

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La vaste pelouse tondue rase devant la maison dévale vers la grande pièce d’eau en toile de fond qui annonce au loin la fin. Les âmes s’affolent devant cette fois-ci un Cornus ‘Venus’ aux bractées crème, nouvelle acquisition. Mais avant, détour vers la serre en armature métal qui se dédouble dans un bassin aux lignes classiques. La perspective continue au travers d’une allée centrale engazonnée qui force le regard voyeur vers une fenêtre aux arcs brisés, vitrail qui capture soudain comme dans un cliché de Cartier-Bresson la course d’un enfant. Défilent alors sur la pellicule des ancolies, astrantias et hosta d’un bleu acier. Le voyage, semble-t-il, touche à sa fin avec le grand étang. On recule le moment au pied d’un magnolia aux feuilles démesurées. L’acer japonais a la violence d’un rouge sanguinaire. Puis les primulas émergent sur les contours de l’étang comme autant de petits printemps, signes de renouveau. La vie à la Pellerine a-t-elle la fragilité de cette branche de Cornus florida rubra qui brise l’horizon ?

La plénitude de l’étang comme un aboutissement… cependant il reste à traverser la passerelle pour rejoindre ou se confondre avec le bleu klein de ces iris d’un éternel ailleurs…

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Verbana Bonariensis

Une verveine, pas pisse-mémé du tout ! Elle est incontournable à notre avis dans un jardin. D’ailleurs, elle s’est largement invitée dans les plates-bandes de nos villes et villages. Son côté sauvage et naturel l’intègre parfaitement dans la reconstitution d’une prairie. Considérée comme une vivace en climat doux où elle se ressème abondamment jusqu’à en devenir une « mauvaise herbe », sous notre climat plus rigoureux mieux vaut la qualifier de bisannuelle. Au bout de tiges de près de deux mètres dans des conditions optimales (sol frais, soleil), sa multitude de fleurs couleur lilas émerge à merveille des graminées. Idéale en plante disséminée !

Dans notre massif de l’entrée « des Jardins de Calipso », nous l’avons associée en plante de base aux Deschampsia cespitosa et à l’Héllebore à fleurs vertes.

La Verveine de Buenos Aires reste une de nos plantes préférées

Angelica gigas

Elle a tout d’une grande, comme je les aime ! Du haut de ses 1m50, ses fleurs pourpres globuleuses vont se disséminer à merveille dans notre futur massif de persicaires et graminées. Notre volonté est qu’à partir d’un seul sujet, nous en ayons, par semis spontané, une multitude ! Avec ses tiges et ses bourgeons violacés presque noirs, elle va détonner au jardin. Elle se cultive comme une bisannuelle même si elle résiste jusqu’à -15°. Cette angélique noire aime une bonne terre de jardin, plutôt en sol frais. Elle apprécie une exposition soleil, mi-ombre. Sa floraison s’effectue de juillet à septembre cependant elle peut garder tout son attrait avec sa tige et son ombelle séchées pendant l’automne et l’hiver. Elle a l’élégance et le graphisme d’une belle dame en noir.

Chapitre 3 : Le Potager, la croix et la bannière…?

Sous les rayons du roi soleil, le potager a vu le jour dès la naissance du jardin. Il a été pensé en un rectangle entouré au fil du temps d’une haie basse de buis. Un espace clos dans un style français assumé ! Pourtant, il me fallait absolument casser toute symétrie attendue.
Les deux allées engazonnées, plus champêtres et anglaises, qui scindent en quatre parcelles ce petit potager, sont perpendiculaires mais « décalées ». Pour simplifier, le potager a la forme d’un drapeau à la croix scandinave.
Comme au Moyen-Age, ce potager a une vocation à la fois élémentaire : nourrir le corps (source légumière !) et plus spirituelle avec quelques plantes empruntées au jardin de Simples. Des aromatiques, comme le thym l’estragon, occupent la plus petite parcelle. Deux nouveautés cette année, la parcelle de framboisiers a déménagé à l’extérieur du potager clos pour laisser place pour le moment à un semis de phacélie (voir notre post sur les engrais verts) ; et la parcelle la plus étroite a été partagée en trois : au centre un carré rempli de buis d’où émerge un jeune pêcher de vigne, puis d’un côté un remplissage de la vivace Solidago (Verge d’or) et de l’autre le jaune cette fois-ci de la moutarde.

La plus grande parcelle accueillera des pommes de terre ‘Bleu d’Artois’ en partie. Les tomates grappe ‘Madagascar’ (graines acquises chez l’association Kokopelli) et Cornu des Andes, haricots verts, courgettes, potirons, poireaux seront hors du potager clos devenu trop petit ! Les légumes ont fini par déborder sur le jardin d’agrément et maintenant vive-versa…
Ce potager reste central comme un organe essentiel du jardin, petit estomac qui gargouille trop souvent d’escargots, passage obligé des jardiniers mais aussi du visiteur ?… Non, passage obligé de la star des Jardins de Calipso, j’ai nommé la binette !

Cerinthe major ‘Purpurescens’

Lors d’une visite en juin dernier dans le jardin des Vigneaux de Souligné-Flacé, j’ai d’abord cru reconnaitre une euphorbe étrangement bleue ! Que nenni ! Les propriétaires m’ont révélé son identité : Cerinthe, une annuelle. Très intéressante car elle se ressème dans leur allée de graviers blancs. Le contraste est saisissant.

En fait, ce sont ses bractées qui sont attractives par leur couleur bleue. Ses fleurs tubulaires sont plutôt mauves. C’est une plante mellifère.

Les propriétaires m’ont gentiment donné un plant et recommandé de récolter les deux graines en forme de billes noires afin de les ressemer. C’est ce que je vais tenter de faire cette année, espérant recréer le contraste dans ma cour avec un massif « paillé » de quartz.

Sanguisorba officinalis ‘Tanna’

C’est une plante vivace très gracile. Elle fait partie des plantes médicinales, sa dénomination française étant « Pimprenelle ».

Ses fleurs rondes sont rouge bordeaux, elles forment un nuage, chacune au bout de tiges fines et élancées. La Sanguisorba est une plante à floraison estivale. Elle atteint 70cm de haut et environ 60cm d’envergure. Elle se plait au soleil mi-ombre dans un sol frais. Elle est rustique et son feuillage caduc.

La Sanguisorba ‘Tanna’ que nous venons d’acquérir aux Jardins de Calipso devrait former une belle touffe dès cet été, on l’espère ! Pour le moment, elle se réveille à peine. Nous misons sur sa souche rhizomateuse pour qu’elle prospère ! Dans le massif de « la clotûre en châtaignier », elle est associée entre autre aux persicaires, à la Molinia ‘Les Ponts de Cé’, non loin aussi d’un Eupatorium maculatum atropurpureum et de la graminée Muhlenbergia capillaris aux épis roses.